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VIOLENCES SEXUELLES CONTRE DES ENFANTS : LE NOMBRE D’APPELS A TRIPLE EN 5 ANS

Personnes sexuellement attirées par les enfants : bilan du dispositif STOP

Cinq ans après sa généralisation à l’ensemble du territoire, le Service téléphonique d’orientation et de prévention (STOP) poursuit sa lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. Alors que le nombre d’appels a triplé, une nouvelle campagne de communication est lancée.

Depuis cinq ans, Service téléphonique d’orientation et de prévention (STOP) accompagne les personnes sexuellement attirées par les enfants (pédophiles) grâce à une ligne d’écoute pour éviter leur passage à l’acte.

« Porté par les Centres ressources pour intervenants auprès d’auteurs de violences sexuelles (Criavs), le dispositif a été généralisé en 2021, après deux ans d’expérimentation dans 5 centres entre 2019 et 2021 », rappelle Anne-Laure Avice, Coordinatrice de la Fédération française des Centres Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (FFCRIAVS). « En 2025, la plateforme a reçu 4577 appels, dont 447 de plus de 5 minutes », souligne-t-elle. Car la démarche continue d’être difficile pour les personnes qui ressentent une attirance sexuelle pour les enfants. « Certains raccrochent encore dès que nos répondants décrochent », regrette-t-elle.

Techniquement, il s’agit d’une plateforme téléphonique permettant, suite à un message d’accueil, de renvoyer vers un interlocuteur sur le département de résidence (ou de naissance, le cas échéant) que l’appelant aura renseigné en tapant le numéro sur son clavier. L’appel est traité par les équipes pluridisciplinaires des CRIAVS : le·la secrétaire accueille et organise l’évaluation téléphonique réalisée par son·sa collègue clinicien·ne (psychologue, psychiatre, infirmier·e) en vue d’une orientation. Une prise en charge thérapeutique  pourra alors être indiquée et proposée à l’appelant auprès d’un service de soin de notre réseau. Cette prise en charge pourra contenir des outils psychothérapeutiques et/ou pharmacologiques selon les indications issues de l’évaluation. Le cadre de la prise en soin est régi par les lois sur le secret professionnel.

Le nombre d’appels a triplé entre 2020 et 2025

Après cinq ans d’activité, le dispositif STOP dresse un premier bilan. Le nombre d’appels a triplé entre 2020 et 2025, passant de 1 500 à plus de 4 500 (l’équivalent de 12 appels chaque jour). 84% des appels étaient un premier appel. 64% des appelants expriment une attirance pour les enfants, le reste des appels étant passés par des proches ou encore par des professionnels de santé qui recherchent de l’information, et qui sont renvoyés vers les Criavs. Par ailleurs, 90% des personnes appelantes étaient des hommes, et l’âge moyen identifié est établi à 37 ans. Parmi les personnes présentant des symptômes pédophiles qui ont appelé la plateforme, 54% avaient parlé de leur attirance à leurs amis et 54,7% disent avoir cherché une aide professionnelle.

Le dispositif reste malgré tout encore trop confidentiel. « 160 000 enfants sont victimes de viol ou d’agression sexuelle chaque année*. Prévenir c’est protéger ces enfants », conclut Anne-Laure Avice.

Article du mensuel Santé en psychiatrie de février 2026

*160 000 enfants, Violences sexuelles et déni social, Edouard Durand, Gallimard.

Pour en savoir plus :Accueil

DISPOSITIF STOP : 0 806 23 10 63

Pourquoi STOP ?

Mise en place du Dispositif STOP

Ce dispositif répond aux recommandations émanant des professionnel·les et des politiques impliqué·es dans la prévention des violences sexuelles et la protection de l’enfance. Nationalisé en Janvier 2021, il permet de répondre à la demande face à la croissance des violences sexuelles.

En effet, le rapport de la commission de l’audition publique « Auteurs de Violences Sexuelles : prévention, évaluation, prise en charge », qui s’est tenue les 14 et 15 juin 2018 au Ministère des Solidarités et de la Santé préconise la création d’un numéro de téléphone unique pour les personnes souffrant de trouble pédophilique (proposition n°14).

La Mission Commune d’Information «Infractions sexuelles sur mineurs commises par des adultes dans le cadre de leur métier ou de leur fonction» du Sénat a par ailleurs auditionné un ensemble d’expert·es sur la question (dont la FFCRIAVS suite à l’audition publique sus-citée) et proposées en mai 2019 des recommandations parmi lesquelles la création d’une structure dédiée à l’écoute et l’accompagnement des personnes pédophiles afin d’éviter tout passage à l’acte (proposition n°10).

Le dispositif STOP fait aujourd’hui du Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027, à travers la mesure n°10 « Remobiliser et renforcer la campagne STOP (…) ».

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